Tonton Léon
Aujourd'hui, je suis allée à l'enterrement de mon grand-oncle, affectueusement nommé "tonton Léon" par beaucoup de la famille.
Ce petit bonhomme (car dans mes souvenirs, il n'était pas bien grand) nous a beaucoup fait pleurer ce matin. Moi, j'ai craqué quand les anciens combatants lui on dit "adieu". Ca a marqué la fin... la vrai fin de ce monsieur si exeptionnel.
On peut se demander comment il se fait que tout le monde l'aime à ce point. Je crois que ça vient surtout du fait qu'il était capable de rire de tout, même dans des situations dramatiques. Ainsi, quand il est aller au funérarium, il y a quelques années pour "choisir un joli vase" comme dernière demeure (ce sont ses propres mots), il a demandé au type du funérarium s'ils allaient le mettre dans un cercueil en carton avant de le bruler. C'était une plaisanterie de sa part. Son cercueil était comme les autres ce matin, en bois brun, brillant...
Un ancien combatant... En 1939, il s'est volontairement engagé dans l'armée française, pour combattre les allemands. Il a été fait prisonnier dans un camp, loin de sa famille. Mais ses parents on réussi à faire valoir le fait qu'il était alsacien (alors qu'il n'y était pas né) pour que les allemands le relachent. Il arrive donc chez lui, mais doit repartir, incorporé de force dans l'armée allemande.
Vous pouvez me croire: cette perspective ne lui plaisait pas du tout: il s'était engagé volontairement du côté français, et voila qu'on l'oblige à se battre contre eux dans l'armée allemande...
Mon frère m'a alors raconté quelque chose ce matin: tonton Léon disait aux allemands qu'il ne savait que compter jusqu'à 10 en allemand. Pourtant, ils l'ont fait canonnier. Il devait donc entrer les coordonnées pour que le boulet, ou la bombe, aille là où les allemands le voulaient. Et pour ceux qui parlent allemand, ou qui l'apprennent en classe, vous savez que les unités et les disaines sont inversée. Il s'en est servi pour "mal tirer". D'après mon frère, il a fahi se faire fusiller pour ça, dans la mesure où parfois, ces coups touchaient les lignes allemandes et non françaises.
Il avait un sacré courage.
Finalement, malade et usé, ils l'ont retiré des zones de combats. Il s'est remis peu à peu, et après la guerre a épousé une femme (ma grande-tante) et a repris son activité de coiffeur.
Pour moi, c'est un héros, et il montre bin ce que vivaient les alsaciens pendant la guerre.
Il habitait au bout de la rue chez nous. J'allais toujours chez lui, pour nourrir les poules, et surtout jouer avec les lapins. Et puis quand il y avait des bébés lapins!! On étaient tous fourrés chez lui les mercredis et samedis!! On observait aussi les hirondelles qui avaient fait leur nids sur les murs de sa grange. Pff... que de souvenirs.
Voilà, j'ai écrit ça ici pour que quelque part on se souvienne toujours de lui, et que son témoignage d'ancien combattant, même si je ne raconte ici que quelques brides, soit intact et traverse un peu plus le temps, survive alors que lui-même, son corps, son âme, sont partis.
Au revoir mon Tonton Léon
Ce petit bonhomme (car dans mes souvenirs, il n'était pas bien grand) nous a beaucoup fait pleurer ce matin. Moi, j'ai craqué quand les anciens combatants lui on dit "adieu". Ca a marqué la fin... la vrai fin de ce monsieur si exeptionnel.
On peut se demander comment il se fait que tout le monde l'aime à ce point. Je crois que ça vient surtout du fait qu'il était capable de rire de tout, même dans des situations dramatiques. Ainsi, quand il est aller au funérarium, il y a quelques années pour "choisir un joli vase" comme dernière demeure (ce sont ses propres mots), il a demandé au type du funérarium s'ils allaient le mettre dans un cercueil en carton avant de le bruler. C'était une plaisanterie de sa part. Son cercueil était comme les autres ce matin, en bois brun, brillant...
Un ancien combatant... En 1939, il s'est volontairement engagé dans l'armée française, pour combattre les allemands. Il a été fait prisonnier dans un camp, loin de sa famille. Mais ses parents on réussi à faire valoir le fait qu'il était alsacien (alors qu'il n'y était pas né) pour que les allemands le relachent. Il arrive donc chez lui, mais doit repartir, incorporé de force dans l'armée allemande.
Vous pouvez me croire: cette perspective ne lui plaisait pas du tout: il s'était engagé volontairement du côté français, et voila qu'on l'oblige à se battre contre eux dans l'armée allemande...
Mon frère m'a alors raconté quelque chose ce matin: tonton Léon disait aux allemands qu'il ne savait que compter jusqu'à 10 en allemand. Pourtant, ils l'ont fait canonnier. Il devait donc entrer les coordonnées pour que le boulet, ou la bombe, aille là où les allemands le voulaient. Et pour ceux qui parlent allemand, ou qui l'apprennent en classe, vous savez que les unités et les disaines sont inversée. Il s'en est servi pour "mal tirer". D'après mon frère, il a fahi se faire fusiller pour ça, dans la mesure où parfois, ces coups touchaient les lignes allemandes et non françaises.
Il avait un sacré courage.
Finalement, malade et usé, ils l'ont retiré des zones de combats. Il s'est remis peu à peu, et après la guerre a épousé une femme (ma grande-tante) et a repris son activité de coiffeur.
Pour moi, c'est un héros, et il montre bin ce que vivaient les alsaciens pendant la guerre.
Il habitait au bout de la rue chez nous. J'allais toujours chez lui, pour nourrir les poules, et surtout jouer avec les lapins. Et puis quand il y avait des bébés lapins!! On étaient tous fourrés chez lui les mercredis et samedis!! On observait aussi les hirondelles qui avaient fait leur nids sur les murs de sa grange. Pff... que de souvenirs.
Voilà, j'ai écrit ça ici pour que quelque part on se souvienne toujours de lui, et que son témoignage d'ancien combattant, même si je ne raconte ici que quelques brides, soit intact et traverse un peu plus le temps, survive alors que lui-même, son corps, son âme, sont partis.
Au revoir mon Tonton Léon
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