Ok, je crois que c'est certain, je ne mourrais pas d'une maladie ou de
vieillesse, mais je me ferais assassinée... Tuée par des escaliers qui ont jurés ma mort depuis mon plus jeune âge.
Tout à commencé très jeune. J'ai voulu montrer, dans la nouvelle maison de mes parents, que je savais monter les
escaliers toute seule. Je les escalade donc à quatre pattes. Pour les deux dernières marches, j'ai voulu montrer que je pouvais le faire comme une grande et me suis redressée. Seulement, la
marche suivante est très haute pour un petit enfant. Lever la jambe haut. Très haut. Je bascule du coup en arrière et dégringole. Je crois que mon père n'a jamais été aussi heureux d'avoir mis un
palier au milieu des marches, ce qui m'a permis de ne pas tomber de trop haut. Plus de peur que de mal: même si je ne me souviens plus de ce qui s'est passé ensuite, je crois que je m'en
suis sortie sans trop de bobo. Les escaliers n'ont eu de moi que quelques larmes, mais j'ai eu droit a des calins en retour de mes parents.
Le collège. Monter et descendre des escaliers au milieu de tous les elèves. Un jour, j'avais piscine, donc deux sacs à
tenir. Forcément, dur dans ses conditions de tenir une rampe. Ca chahute derrière moi. Je suis poussée. Je me ratrappe, descend les marches en glissants de l'une à l'autre dans un équilibre
précaire, mais sur mes deux pieds. Dernière marche: ma cheville gauche se retourne. L'escalier m'a eu: j'ai une belle entorse, maman a été obligée de m'accompagner à l'hopital.
Quelques temps plus tard, je descend les escaliers chez mes parents. Je ne sais plus comment j'ai fais, mais j'ai
dégringolé les marches sur mon coccyx... Regard paniqué de ma mère "ne bouge pas, tu t'es peut-être cassé quelque chose". Hors de question qu'elle s'inquieèe, alors je désobéis: je me lève. J'ai
mal mais ne dis rien. De toute façon, ça ira mieux dans quelques minutes. Les escaliers ne m'ont pas eu, j'ai pas fini à l'hopital, et je crois que je n'ai même pas eu un bleu.
Mon appartement. Mon ami est en train de sortir pour laver les voitures. Le temps de me changer et je sors à mon tour.
Je suis pressée, je ne veux pas qu'il fasse tout le travail tout seul. Je me rate, chute. Pas de rampe pour me ratrapper dans le couloir, je dégringole... Comme la dernière fois: sur le coccyx.
Je me rapelle la dernière fois chez mes parents. Du carlage aussi. Non d'un chien, ça fait mal! J'ai plus de mal à me relever. J'ai mal à la hanche. Bah, ça va passer. Et ça passe. Les
escaliers ne m'ont denouveau pas eu.
Mon futur chef me téléphone. Il voudrait que je passe un entretien l'après-midi. Je me depèche, il faut que j'aille
chercher l'adresse pour me sortir un plan sur Mappy. Je resdescend, les papiers dans une main, un stylo dans l'autre. Je me prend les pieds dans mes tongs. Je chute. Ecarte les bras pour me
retenir, attraper la rampe, me cogne. Je ne porte plus de tong chez moi depuis.
A mon entretien, je veux poser le coude sur la table, le relève rapidement en retenant un cri. Me voilà obligée
d'expliquer au directeur ma mésaventure. Quelques jours après, je passe un entretien avec le chef de service. Devant les escaliers, il me dit de faire attention en descendant, ils sont raides, ça
serait domage que je tombe encore. Les escaliers m'ont eu. Mes chefs ont dû bien rire... Et j'ai pas pu poser mon coude pentant plusieurs semaines.
Il y a quelques semaines, mon chat vomi une flaque visqueuse et transparante. Je glisse, tombe. J'ai des bleus,
mais les escaliers ne m'ont pas eu, j'ai pu éviter de tomber tête la première dedans.
Au travail, il y a quelques jours. je sors les poubelles. Quelques marches à monter. Je trébuche. Me rattrape (c'est
plus simple quand on monte les escaliers, vous avez remarqué?). Satanés escaliers en bétons! C'est pas lisse, ça rape. Je m'écorche sacrément la main gauche. L'escalier m'a eu, j'ai eu un mal de
chien, et j'arrivais plus a écrire sur un clavier correctement...
Un jour, ils finiront par m'avoir pour de bon... Ou pas...