Partager l'article ! Sourds et malentendus: Hier soir, j'ai regardé France 5. Il y avait un film, puis un débat sur la surdité, la façon dont cette "maladie" ...
Le premier repose sur l'usage qui a fait des sourds des « malentendants ». « Est-ce que vous êtes "mal-homme" ou… "mal-femme" ? Imaginez que vous passiez une vie à être défini par une idée que la majorité a de vous dans le "mal-quelque chose"… » s'étonne un enseignant. Pour Sandrine, le malentendu a commencé dès son plus jeune âge, lorsque ses parents ont perdu le lien avec elle le jour où ils ont compris qu'elle était vraiment sourde. « La plupart du temps, être atteint de surdité, c'est être véritablement handicapé du langage de la parole, explique le psychanalyste André Meynard. Ceci est bien sûr complètement abusif et tout à fait partial, puisqu'un petit enfant est parfaitement à même de prendre parole au travers de la gestuelle…Dès lors qu'on lui en donne la possibilité. » Une dimension majoritairement absente du discours médical servi aujourd'hui aux parents désemparés que l'on veut rassurer. « La manière dont le dépistage a été organisé conduit à penser que la surdité est une maladie qui se soigne et qui se guérit », explique le Dr Benoît Drion, coordinateur du réseau Sourds et Santé en région. « On dénie la surdité, on fait comme si l'enfant n'était pas sourd, comme s'il allait un jour ne plus l'être. »
Longtemps, la langue des signes a été
interdite aux sourds pour les obliger à parler. Aujourd'hui, même si elles sont encore rares, des écoles bilingues permettent la scolarisation d'enfants sourds avec des enfants entendants. Une
expérience qui a prouvé son efficacité. « C'est vraiment important qu'ils soient à l'aise dans leur expression signée », remarque un enseignant sourd. Ce qui l'est tout autant, c'est la
rencontre de deux mondes qui apprennent à se connaître et à partager. Pour Sandrine, le choix devient très clair à l'adolescence. Trop de frustrations familiales la décident à « couper sa
voix » et à ne plus s'exprimer qu'en langue des signes. Elle trace désormais son chemin toute seule et, des scènes de théâtre à la télévision, elle choisit de militer « pour que les
sourds soient reconnus, qu'ils participent à la société ». Un combat relayé dans ce documentaire qui tend à montrer que les sourds ne sont peut-être pas toujours ceux que l'on
croit…
En fait, je n'ai presque rien suprimé tellement il est bien fait cet article!^^
Bref, pour une fois je me suis sentie moins seule... Serieusement, j'avais
trop l'habitude de voir des personnes fermées en face de moi, qui pronnent soir le langage parlé, soit la LSF, et d'une façon souvent très virulante.
Là, j'ai découvert qu'il y avait des gens capable de raisonner différemment que par leur histoire, qui arrivent quelque peu à s'en détacher pour proposer quelque chose de cohérant. C'était très visible lors du débat ensuite, réunissant Sandrine Herman (sourde signante et co-auteur du film), Jérémie Boroy(oraliste, président de l'union nationnale pour l'insertion sociale du déficient auditif) et le docteur Jean Dragan (entendant, travaillant dans l'unité d'accueil et de soins des sourds à l'hôpital de la Conception à Marseille). Ils étaient capable de discuter, de donner leur point de vue, qui finalement n'est pas si différent: ils veulent que les médecins arrètent de traiter la surdité comme une maladie dont on peut guérir, qu'on propose à l'enfant une langue dans laquelle il se sente bien, qu'on propose aux jeunes un enseignement digne de ce nom au travers d'écoles billingues (qui permettent aux jeunes entendants d'apprendre à communiquer avec eux, ce qui servira sans doute lorsqu'ils seront adultes et qu'ils rencontreront des sourds). Le jeune, plus tard, fait lui-même le choix de la langue qui lui correspond le mieux.
Sans oublier le phénomène de géttoisation, que les sourds ne veulent pas mais auquel ils sont contraint, vu toutes les difficultés qu'ils ont, puisque, malgré les promesses faites, rien ne bouge pour eux. Ils n'ont toujours pas accès au téléphone comme nous (ils doivent prendre des forfait hors de prix pour des portables pour avoir la visio conférence, et des sms), et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur le film que j'ai vu hier
soir, il m'a beaucoup remué, notamment parce qu'il sort tout ce que je pensais, en allant de l'utilisation des termes (malentendants), par la perception du monde que peut avoir un enfant sourd
qui découvre la vie à partir de 9 ans seulement, les difficultés auxquelles sont confrontées les familles. J'ai commencé à croire que j'étais quelqu'un voyant les choses de façon utopic, que mon
mémoire de fin d'études était un peu comme un conte de fée: l'histoire telle que je voudrais qu'elle se passe, que j'étais naïve. Mais finalement, d'autres partagent une opinion très proche de la
mienne, et je comprend mieux ma note de 12/15. (d'ailleurs, je me demande: j'ai eu 3/5 à l'écrit et 5/5 à l'oral? ou 5/5 à l'écrit et 4/5 à l'oral? je ne le saurais jamais^^)